Kylian Mbappé a été le grand monsieur de ce match face à l’Argentine. AFP Kylian Mbappé a été le grand monsieur de ce match face à l’Argentine. AFP

MONDIAL 2018 (France-Argentine 4-3) : Les raisons du récital des "Bleus"

dimanche, 01 juillet 2018 00:00 font size decrease font size increase font size
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Face à un adversaire de standing, l'équipe de France a enfin levé les doutes sur son potentiel réel. Voici comment elle a pris le dessus sur l'Argentine.

Jusqu'à présent, l'équipe de France avançait masquée dans cette Coupe du monde. Laborieuse face à l'Australie, plus intéressante lors de la première mi-temps contre le Pérou et profondément ennuyeuse devant le Danemark, elle n'avait jamais rien montrée d'elle-même, de ses ressorts intimes et de sa capacité à renverser la table.

Après les faux-semblants et les jeux de dupes, ce huitième de finale a donc été une heure et demie de vérité. « Les gens n'attendaient pas ça de notre part par rapport aux matchs de poules, s'est amusé Paul Pogba avant de donner la clé. Ils auraient voulu qu'on se qualifie en gagnant 10-0. Mais, nous, on ne voulait pas ça, on voulait juste passer. Ce qui change tout, face à l'Argentine, c'est qu'on joue contre une grande équipe qui laisse des espaces et joue vraiment. »

Hugo Lloris précise l'idée. « L'Argentine a voulu jouer haut et nous avons réussi à en profiter, décode le gardien français. En début de match, nous avons eu les meilleures situations sans avoir le ballon. L'Argentine a eu la possession. Nous, on défendait assez bas, trop bas presque. »

Dans le rôle de l'artificier, Kylian Mbappé, attaquant de couloir. Un rôle taillé à sa mesure pour déchirer le mince rideau défensif de l'Albiceleste et donner aux Bleus le visage d'un tueur au sang froid. « Mais on a aussi montré qu'on pouvait conserver le ballon et le faire très bien», reprend Lloris.

« On s'est dit qu'il fallait jouer le tout pour le tout »
Archétype de l'action construite, le 4e but français est une merveille d'enchaînement vertical : six passes pour mettre Kylian Mbappé sur orbite. Mais tout cela n'a eu de sens que parce que Lionel Messi était sous anesthésie générale. « On savait que Messi prenait le côté droit ou l'axe, racontera ensuite Blaise Matuidi. J'ai donc aidé N'Golo Kanté à le maîtriser. Bon, c'est quand même Messi, donc il a réussi à se mettre en position de marquer. Mais, dans l'ensemble, on a réussi à le museler. »

Au moment de revisiter cette victoire de prestige, Lucas Hernandez identifie pour sa part un moment fort, quand les Bleus étaient menés au score. « Quand on voyait qu'on allait rentrer à la maison, on s'est tous regardés dans les yeux et on s'est dit qu'il fallait jouer le tout pour le tout. On est revenus avec ce but incroyable de Pavard. Ensuite, on savait que si on ne jouait pas avec ce caractère et cette agressivité, on allait se faire manger. »

Les subtilités théoriques semblaient alors un peu loin. « On a l'équipe pour gagner contre n'importe quelle tactique, n'importe quel système, avance Antoine Griezmann. C'est à nous de garder les pieds sur terre et de continuer à travailler. » Benjamin Pavard, l'autre héros de Kazan avec Mbappé, annonce lui aussi la couleur. « Nous rêvons de gagner cette Coupe du monde mais il faut aller étape par étape avec la même détermination. Nous n'avons peur de personne. » On prévient l'Uruguay : il avait l'air sincère.

Avec Leparisien

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