L’Arabie Saudite intègre le sport dans sa diplomatie

Omnisports Written by  lundi, 25 novembre 2019 00:00 font size decrease font size increase font size

Le Royaume d'Arabie Saoudite s'est offert pour cinq ans ''le Dakar'', ancien ''Paris-Dakar'', le plus grand rallye raid du monde confirmant ainsi son inclinaison à faire du sport un instrument diplomatique à l'instar des autres monarchies du Golfe comme le Qatar qui, en plus de disposer d'un club, le Paris Saint Germain, sera le pays hôte de la Coupe du monde 2022.

Dans cette dynamique, c'est à une véritable percée à laquelle on assiste ces derniers temps de la part de l'Arabie Saoudite qui inaugure une série d'événements sportifs.

Le 15 novembre dernier, la ville de Riyad a abrité le derby sud-américain entre l'Argentine et le Brésil remporté par l' Albiceleste grâce à un but de sa star, Lionel Messi.

Ce dernier est opportunément revenu de sa suspension de trois mois pour ce match de gala regardés par 22.000 personnes depuis les gradins du stade.

Et selon des informations parues dans des journaux comme le Parisien, la Fédération saoudienne de football a déboursé la somme de 2,7 millions d'euros (plus de 1.771.090.045,5 francs) pour s'offir ce match amical.

Le 7 décembre prochain, le Royaume saoudien sera à la une de l'information sportive avec la tenue du gala de boxe entre le Britannique Anthony Joshua et l'Américain Andy Ruiz Jr ''avec des bourses très généreuses'', selon toujours le parisien.

Le Parisien informe que le ''Dakar'' qui a quitté une première fois les terres sablonneuses d'Afrique pour l'Amérique du sud (2009 à 2019) qu'il vient d'abandonner pour dit-on des raisons sécuritaires et certainement économiques, a décidé d'élire domicile en Arabie Saoudite pour les cinq prochaines années.

Riyad a mis sur la table selon la même source une rente annuelle de 15,4 millions d'euros (10.101.772.854 francs). 2 à 5 millions de dollars (1.311.918.552 francs à 3.279.796.381 francs) étaient versés quand la compétition se déroulait en Amérique du Sud.

Le parcours a été dévoilé jeudi dernier à l'Institut du Monde arabe à Paris et les accusations de non-respect des droits de l'homme portées contre le Royaume saoudien n'ont pas pesé aux yeux des organisateurs au moment du choix.

Interrogé par le même journal, le directeur de l'épreuve David Castera a botté en touche. ''On organise une épreuve sportive et on ne se permet pas d'intervenir dans la politique d'un pays'' avant d'évoquer la beauté des paysages saoudiens pour expliquer l'organisation du Rallye. ''Les paysages sont magnifiques, la course va être fantastique et va renouer avec la l'esprit de Thierry Sabine (créateur du rallye)''.

Et les organisateurs de poursuivre que la délocalisation du rallye en Arabie Saoudite intervient dans un contexte d'ouverture du Royaume avec la délivrance de visas aux touristes hors pèlerins et la permission donnée aux femmes qui peuvent désormais conduire.

D'ailleurs, le Qatarien Nasser al Attiyah, sera de la partie, ce qui est une bonne nouvelle pour les organisateurs qui ont réussi à ouvrir une ligne dans le conflit entre le Qatar et l'Arabie Saoudite.

Au côté de la boxe, du rallye et du football, le tennis aura sa part d'exhibition dans la banlieue de Riyad du 12 au 14 décembre.

Six sur les huit noms attendus ont déjà confirmé. Il s'agit du Suisse Stan Wawrinka, du Russe Daniil Medvedev, de l'Italien Fabio Fognini, l'Américain John Isner, le Belge David Goffin et le Français Lucas Pouille.

Au Parisien, le président de l'Autorité des sports en Arabie Saoudite, le Prince Abdelaziz ben Turki Al Fayçal Al Saoud s'est dit très satisfait de l'organisation d'un tel événement.

''Accueillir pour la première fois une exhibition de classe mondiale est un moment décisif pour le royaume'', a indiqué le président de l'Autorité des sports du Royaume.

A côté du championnat saoudien qui accueille de plus en plus de vedette comme le Franco-Sénégalais Bafétimbi Gomis et l'international sénégalais, Alfred Ndiaye, les Saoudiens sont attendus dans le rachat de clubs en Europe.

Des médias ont évoqué des intérêts saoudiens pour des clubs anglais et français et l'équipe d'Amiens où évolue Moussa Konaté avait été dans le viseur d'un homme d'affaires saoudien.